Expositions passées

2017-2018 : "Paysages de la Reconstruction (1919-1939)"

Dans le cadre du Centenaire de la Guerre de 1914-1918, le musée de Vassogne présente sa nouvelle exposition, « Paysages de la Reconstruction (1919-1939) » du 1er avril 2017 au 31décembre 2018. C’est le deuxième volet du cycle que le musée de Vassogne consacre à la Reconstruction sur le Chemin des Dames après 1918. La première partie, « Le Chemin de la reconstruction (1919–1939) » (avril 2015-décembre 2016) a été consacrée à la reconstruction de l'habitat et à la réhabilitation des liens sociaux sur le Chemin des Dames dans l’après-guerre. « Paysages de la Reconstruction » aborde la question de la reconquête des terres et des cultures par les habitants entre 1919 et 1939. L’exposition explore le nouveau visage des jardins et des paysages sous un angle inédit : comment rendre sensible tous les aspects de la société sur le Chemin des Dames après « l'évènement ruine » ? « L'évènement ruine » est précisément le terme que Stéphane Bedhome - fondateur et conseiller scientifique du musée - a forgé dans sa thèse et son livre pour caractériser l’état de dévastation et de sidération de la région après la Grande Guerre.

La Reconstitution agricole

La reconstitution agricole est un enjeu qui touche particulièrement le Chemin des Dames, cette partie de l’Aisne labourée, dévastée, aplatie par la guerre. Les exploitants et l’administration - nationale et locale - ont plusieurs priorités : la remise en état des terres, la reconstitution des cadastres, le retour aux rendements d’avant-guerre et la consolidation des structures de production. L’équipement agricole et l’approche départementale du progrès sont les deux composantes pour comprendre les mécanismes de la modernisation agricole.

« Saisons »

L’exposition, « Paysages de la Reconstruction », est divisée en trois parties. La première, sous-titrée « Saisons », met en scène l’ensemble des outils et des objets qui a contribué à la remise en état du milieu physique. L’été, l’automne, l’hiver et le printemps, les quatre saisons de 1920 sont évoquées au travers de centaines de pièces des années 1920 qui proviennent du Conservatoire du Musée de Vassogne. : charrues, bêches, houes, arrosoirs, échalas, cueilles-pommes, pioches, paniers…

« Paysages d’après-guerre »

La deuxième partie intitulée « Paysages d’après-guerre » offre quatre visions des paysages de l’avant à l’après-guerre. « Le monde ancien avait totalement disparu » montre un ensemble de photographies inédites de personnages et paysages avant 1914. « Regarder, lire et écrire les paysages » présente des témoignages de ces paysages des années 1920 sur le Chemin des Dames : paysages de visages, paysages de cartes postales, photos de lieux.... « Nouvelle lecture de la culture » rend compte des progrès techniques et de la volonté de former les agriculteurs au monde de demain. « Paysages d’objets » met en gloire plusieurs centaines d’outils agraires, exemplaires uniques et représentatifs de cette période.

« Par delà les toits… »

La troisième partie de l’exposition, « Par delà les toits… », plonge le visiteur dans une vision onirique du monde ancien. Le paysage était formé à la fois par les champs, les cultures, les jardins et les habitations, leurs volumes, leurs toits, leurs girouettes… C’est cette part du paysage, englouti par la guerre, à la limite du ciel et de la terre, qu’évoque un ensemble d’objets constitué d’éléments de toitures, épis de faîtage, tuiles, chatières de ventilation…

Les plaques de verre de Françoise Perronno

2017 marque pour le musée de Vassogne le début d’une démarche de collaboration avec des artistes contemporains. Pour « Paysages de la Reconstruction » le musée de Vassogne a choisi de travailler avec Françoise Perronno, artiste plasticienne. Sa démarche de ré-interprétation de paysages sur des plaques de verre s’inscrit naturellement dans le propos de l’exposition. S’inspirant des paysages même du Chemin des Dames, de l’avant-guerre à aujourd’hui, Françoise Perronno les redessine : champs sans fin, labours, lignes d'horizon, ciels, arbres, forêts, collines,… Le dessin, pris entre les deux plaques de verre, est révélé par un jeu d’ombre et de lumière. Les paysages sont aussi des passages entre l’ancien monde et celui d’aujourd’hui.

Patrick DOUCET

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2015-2016 : "Le Chemin de la Reconstruction (1919-1939)"

La nouvelle exposition du musée de Vassogne « Le chemin de la reconstruction 1919-1939 » constitue une sorte de pari inédit : comment évoquer, comment rendre sensibles tous les aspects de la société sur le Chemin des dames après « l'évènement ruine » ? « L'évènement ruine » est le terme que Stéphane Bedhome - fondateur du musée - a forgé dans sa thèse et son livre pour caractériser l’état de dévastation et de sidération de la région après la Grande guerre. L’ampleur de ce sujet imposait qu’il soit traité en un prologue et deux volets. « Terres, fêlures de la Grande Guerre » est le prologue de ce cycle : évocation symbolique du bouleversement de la terre par la guerre, du passage d'un monde ancien à un monde nouveau. Le premier chapitre du «Chemin de la reconstruction" (avril 2015-décembre 2016) présenté ici, est consacré à la reconstruction de l'habitat et à la réhabilitation des liens sociaux sur le Chemin des Dames après 1918. Le deuxième chapitre (avril 2017-décembre 2018) parlera de la reconquête des terres et des cultures, du nouveau visage des jardins entre 1919 et 1939.

«Le chemin de la reconstruction 1919-1939 » est divisé en deux parties. La première met en scène l’ensemble des métiers qui ont contribué à la reconstruction matérielle des bourgs et des villages : maçons, charpentiers, plâtriers, couvreurs… La richesse des techniques et des savoirs-faire confirme, si besoin était, que les fonctions et formes de l’outil sont aussi l’expression d’une pensée ouvrière singulière.

La deuxième partie, consacrée à la société de la reconstruction, est divisée en quatre sections. « Dommages » rend compte de la complexe machine administrative mise en place par l’Etat pour aider les régions dévastées et les populations. « Entrepreneurs et ouvriers » évoque le travail au jour le jour de l’entreprise Maroteaux-Cabaret et de ses employés - « Intérieurs et cafés » montre les éléments parfois rudimentaires de la vie quotidienne dans les maisons et les cafés-épiceries. « Fêtes et cérémonies » parle des commémorations laïques et religieuses, marques incontournables d’une sociabilité retrouvée.

Enfin il était impossible d’envisager cette présentation sans la présence du livre de Roland Dorgelès Le réveil des morts, paru en 1923, terrible évocation de ce travail physique et moral de la reconstruction. Il nous a fortement inspiré. Nous l’avons placé au début de cette seconde partie, en vis-à-vis de simples persiennes en bois, caractéristiques des nouvelles habitations. Nous avons ainsi tracé une ligne symbolique, celle d’un chemin, le chemin du renouveau.

Patrick DOUCET

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2013-2014 : "Du Blé, récoltes et pratiques fiscales"

La réforme du système fiscal est aujourd’hui dans toutes les bouches. Justice, équité, proportionnalité sont autant de termes qui nourrissent la chronique. Le phénomène n’est pas nouveau et plonge ses racines dans un riche terreau historiographique. De l’Empire Romain aux mondes médiévaux, en passant par nos républiques successives, l’impôt ne cesse d’être discuté, réformé, réorganisé, donnant bien souvent le sentiment d’un empilement de réformes symptomatiques des états en proie aux blocages structurels.

« Du Blé » tente d’illustrer la transformation d’une récolte de grains en une valeur marchande prélevable en nature.

Cette exposition originale propose un panorama des pratiques fiscales liées au grain dans la France de l’Ancien Régime tout en invitant le spectateur à une remise en perspective des difficultés que nous rencontrons aujourd’hui. Elle questionne par ailleurs, par l’objet, les pratiques sociales et culturelles à la veille de la Révolution Française.

Tout commence par la récolte des « grains d’or ». Le tranchant des faucilles, sapes et faux est alors à l’œuvre pour coucher l’épi. Puis vient la mise en bottes, le battage et dépiquage puis le stockage du grain qui fera vivre, parfois survivre les familles. Coffins, onglets, aiguilles à botteler, tribulum, fléaux, batadères seront les fleurons d’une armada d’objets anciens, parfois très anciens, n’étant aujourd’hui guère connus.

Puis vient la mesure illustrée par ces réceptacles à grain qui ont traversé les époques et rendent compte des profonds changements sociaux économiques qui ont touché la France de la fin de l’Ancien régime au milieu du XXème siècle. Elles rendent par ailleurs compte d’une France qui se structure et se restructure : mesures seigneuriales, mesures de l’impôt royal (taille) puis uniformisation du système des poids et mesures qui, jusqu’à nos jours, a permis de faciliter les échanges en évitant un fastidieux travail de conversion.

Cette nouvelle exposition au Centre Historique du Monde du Travail répond aux inquiétudes de notre temps. Puisés dans un passé souvent lointain, ces objets transpirent une époque désormais révolue tout en invitant à des questionnements d’actualité.

Stéphane BEDHOME

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2011-2012 : "Mouches à Miel"

Les abeilles se meurent…Devrons nous dire demain les abeilles ne sont plus ? Chaînon indispensable de la fécondation des fruits, des légumes ou des céréales, les abeilles s’éteignent progressivement depuis quinze ans. La production de miel, elle, a chuté de moitié… Notre arrogance nous rendra-t-elle responsable de cette hécatombe ?

Mariel Jean-Brunhes Delamarre , ethnologue et chercheuse du musée des Arts et Traditions populaires de Paris, s’est intéressée au «berger des abeilles » . On pourrait dire certes, que « le berger est parvenu à rendre ses moutons dépendants de leur maître mais l’apiculteur est, au contraire, en grande partie dépendant des « mouches à miel ». L’expérience de la guerre dans nos régions nous a appris cependant qu’une ruche abandonnée est une ruche perdue, assertion confirmée par une vieille croyance occitane qui veut qu’à la mort du chef de famille, il faille aussitôt consoler et raisonner les abeilles, afin qu’elles ne quittent pas le rucher .

Cette exposition originale propose une rétrospective des habitats divers et variés de ces reines du miel. De terre, de paille, de pierre, de bois, la ruche est le symbole du foisonnement de bourdonnements entourant le rucher. Ces mâts de cocagne d’une société ailée imaginés par l’homme depuis la nuit des temps sont d’une variété architecturée soignée et confondante. Ces villages de ruches aux visages si singuliers, hantent encore certaines pentes des monts Lozère, col du Lautaret ou versants abrupts des Pyrénées. Ils sont aussi une évocation d’autres types d’habitat, notamment humain, que l’on retrouve sur le continent Africain et Européen. Ces ruches s’inscrivent dans la lignée d’un savoir faire ancestral qui se conjugue bien souvent en harmonie avec le respect dû à ces insectes. Disons néanmoins que l’exploitation des ruches les plus archaïques entraînait la destruction d’une part non négligeable de l’essaim.

Le travail autour des ruches est aussi évoqué : presses à miel, couteaux à désoperculer, pots à miel, enfumoirs à abeilles seront les fleurons d’une armada d’objets anciens, parfois très anciens, n’étant aujourd’hui guère connus.

Cette nouvelle exposition au Centre Historique du Monde du Travail répond aux inquiétudes de notre temps. Puisés dans un passé souvent lointain, ces objets transpirent une époque désormais révolue tout en invitant à des questionnements d’actualité.

Stéphane BEDHOME

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2010-2011 : "SCIES / BEMOL. Itinéraire d'un collectionneur"

Une exposition en hommage au collectionneur passionné qu’était Jean Paul Van Der Linden. Présentation des objets de sa collection.

Jean Paul Van Der Linden est né le 19 janvier 1953 à Châlons-sur-Marne. Suite au décès de son père, il est placé ainsi que ses deux frères et sa sœur dans des familles d’accueil dans le vignoble champenois. Jean-Paul est un enfant studieux et appliqué. Dès l’obtention de son BEPC, il poursuit ses études au lycée Roosevelt de Reims. Le jour de ses 17 ans, il décide de s’engager à titre provisoire dans l’armée (402 RA à Laon). Il obtient la résiliation de son contrat en septembre 1972. Il trouve très rapidement un emploi à la sucrerie de Guignicourt où il fera toute sa carrière jusqu’à la découverte de sa maladie en septembre 2007. Marié en 1973, il aura deux fils : Stéphane en 1974 et jérôme en 1976.

Sa passion pour les objets anciens lui est venue bien avant son mariage. Il possédait déjà des lampes tempêtes, des lampes au carbure et de nombreux autres objets. Très rapidement, il se met en quête d’accroître les fragments de collection déjà constitués. Il fréquentait avec son épouse les « halles du Boulingrin » les jours de brocante et se levait avant l’aube pour aller chiner. Chiner, certes, mais aussi se documenter : il achetait beaucoup de livres et aimait connaître l’histoire des objets et de leurs possesseurs. « Une année, nous sommes rentrés d’Auvergne avec deux araires et un joug de bœuf sur le toit de la voiture, objets qu’il avait achetés à un paysan dans l’optique de les sauver. Je soupçonne que nos destinations de vacances étaient choisies en fonction de ce qu’il allait pouvoir trouver d’insolite ». Il a exposé ses outils et objets à Condé sur Suippe (cf. doc. ci-contre) et à Chaudardes. Pédagogue, il aimait éveiller la curiosité des enfants pour les objets.

Stéphane BEDHOME

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